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Interview – Le Lamano : découverte d’un festival à la main verte

30 mai 2019

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Interview – Le Lamano : découverte d’un festival à la main verte

Le 29 juin prochain se tiendra, non loin de Paris, l’écoresponsable, chaleureux et éclectique festival Lamano. Rencontre avec l’un des fondateurs, Louis Bosquillon, pour en savoir plus !

Peux-tu nous dire quelques mots pour le Lamano Festival et nous préciser ton rôle au sein de celui-ci ?

Le Lamano Festival a été créé en 2016 avec l’objectif de base de produire un événement pluridisciplinaire en banlieue et qui prône le mélange des genres musicaux autour d’une base dub. Le dub est le genre que l’on veut principalement promouvoir car l’on considère qu’il est peu représenté sur la scène française. Autour de ça nous voulions également proposer une grande variété de styles et d’art car on pense que le festival est un espace de découvertes. Au fil des années, pleins de styles différents ont été programmés, du dub bien sûr, du rap, du rock et de la techno. Cette année se prépare la quatrième édition. L’équipe du Lamano, c’est 3 fondateurs, une dizaine de membres actifs, chacun chargé d’une mission précise et des bénévoles sur site pendant le festival. Pour ma part je m’appelle Louis Bosquillon, j’ai cofondé le Lamano Festival, et plus précisément je m’occupe bénévolement d’une partie de la communication et de la programmation, et de l’accueil artiste.

Programmation de la prochaine édition du festival.

Quelles sont les difficultés que vous avez rencontrées depuis la création du festival ?

La principale est d’attirer les gens en banlieue, alors qu’il y a une offre dense à Paris. De façon générale il n’y a pas vraiment de difficultés, je dirai même qu’il y a des avantages : de plus grands espaces et davantage de choix des lieux de production du festival, nous ne sommes limités par la contrainte parisienne de l’espace club.

A quel moment vous êtes-vous lancé dans la création d’un festival ? Quelles sont les étapes clés de votre développement ?

Le point de départ de tout ceci est la rencontre avec des artistes géniaux tels que Mahom, Weeding Dub, Snow Dub System et Roots Diligence avec lesquels on a échangé ce qui nous a permis de voir que c’était possible de les inviter à notre propre événement car il y avait eu une belle connexion avec eux. Sur cette base, on a une première édition où la confiance des artistes qui ont accepté d’y jouer nous a permis de nous lancer. Ensuite notre développement s’est fait sur le tas en partant de cette base, on s’est professionnalisé sur le démarchage des artistes, et d’années en années on a appris de nos erreurs pour s’améliorer aux prochaines éditions. 

Vous êtes spécialisé dans la dub musique, mais avez fait le choix de ne pas y être exclusif.  Combien de scènes et de genres musicaux proposez-vous lors du festival ?

Cette année, nous proposons un format assez spécial. La journée, on propose une scène extérieure en accès à prix libre sur le parvis du Plan, avec une belle variété de styles : reggae, funk, hip-hop… Le soir, le festival se déporte à l’intérieur du Plan autour de deux salles : l’une en format soundsystem et l’autre en format scène classique. On ne se limite pas à la musique électronique en partant d’un constat de notre dernière édition où les live ont créé une ambiance dingue, avec plus de chaleur et de contact humain entre le public et les artistes.

Comment décrirais-tu ton public ?

Notre public se compose d’une base jeune, qui a découvert le dub il y a deux/trois ans, qui sont très ouverts d’esprit et écoutent d’autres styles musicaux comme nous le proposons dans la programmation. Il y a aussi des plus anciens du dub et issus du territoire. Ils partagent en tout cas une philosophie de vie qui dépasse le simple cadre de la musique en accord avec une démarche écoresponsable.

Résumer l’identité du Lamano Festival ?

Ce que je ressens particulièrement chaque année c’est l’osmose entre les festivaliers et une bonne humeur générale. On a vraiment réussi à développer un événement à notre image, sans prise de tête et sans prétention, et rempli de festivaliers curieux, respectueux et ouverts les uns aux autres.

Quelle importance vous accordez à la scénographie lors du festival ?

Notre scénographie est particulière, nous avons essayé de la concevoir seulement d’un point de vue écoresponsable, avec des matériaux de récupération comme des palettes avec lesquelles on fait des meubles. On a aussi un coté très visuel, nous n’oublions pas le vjing et le mapping.

Tu as évoqué votre réflexion autour de l’écologie, pour allier passion musicale et démarche écoresponsable. We Love Green, Organik, la tendance de l’évènementiel électro est-elle au vert ?

Non, ce n’est pas une mode. Cette approche est un pilier de notre festival depuis sa création, elle fait partie de nos convictions. On s’est vite rendu compte que la consommation d’un festival est très énergivore. Nous avons un pôle et des bénévoles consacres à la réflexion afin de limiter au maximum l’empreinte écologique de notre production et consommation évènementielle. Dans un premier temps on a conçu une scénographie qu´à partir de matériaux de récupération, on a mis un place tout un atelier de sensibilisation pour inciter les festivaliers à faire du tri sélectif, sur le festival plusieurs bennes étaient prévues à cet effet. Cette année nous allons accentuer les actions si nous obtenons les subventions nécessaires, comme par exemple ne plus du tout utiliser de plastique lors de l’évènement, utiliser un système son solaire.

Que penses-tu de la redynamisation des banlieues par la musique électronique ?

Tout le mouvement autour des warehouses est vraiment cool ; tout d’abord ça montre que la demande pour faire la fête est grandissante, les clubs ne suffisent plus à l’accueillir et à la satisfaire. Moi-même il y a beaucoup de clubs dans lesquels je ne me retrouve pas ou plus du tout, et cette offre de soirées et de festivals qui se développent en périphérie ça m’intéresse bien plus. De plus, quand un festival s’implante en banlieue les retombées sont nombreuses pour la ville : tant économiques que culturelles.

Quelles sont vos relations avec les pouvoirs publics ?

Depuis deux ans nous sommes à Ris-Orangis dans le 91. L’équipe municipale est à l’écoute, elle nous subventionne et vient même prendre part au festival les jour J. Le département nous apporte également un soutien financier. Enfin, nous sommes accompagnés par l’agglomération Grand Paris Sud et la salle du Plan qui souhaitent réellement le développement du projet. Dès le début, nous avons pensé notre événement en étroite collaboration avec les pouvoirs publics, bien conscients que sans eux nous ne pourrions rien faire.

Quels sont les enjeux et objectifs pour votre prochaine édition ?

Parvenir à recréer l’ambiance de l´année dernière, chacun s’était réapproprié l’espace et la musique proposés tout en réussissant à trouver une stabilité et un équilibre économique pour la pérennité du festival, l´année dernière nous avons perdu de l’argent.

Une track de fin ?

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